Guy, un français installé au Japon depuis 22 ans, m'emmène au Parc Aoba no Mori (青葉の森) littéralement "la forêt aux feuilles bleues" (mais le kanji "Ao", 青 peut aussi signifier "vert" en japonais) pour aller voir un kyûdôjo.
Il se présente, il est lui-même un ancien pratiquant de ce même club, puis, nous pénétrons dans le Dôjo après avoir ôté nos chaussures.
Guy discute avec les sensei qui sont présents. Un des plus âgés est Inoue sensei. Il corrigera les positions de tir de certains pratiquants.
Je regarde, j'admire, je profite de l'ambiance très détendue et chaleureuse. Du thé vert nous est proposé avec de petits gâteaux, hospitalité japonaise oblige !
Guy discute sur les tatami pendant que je photographie
En face, les cibles à 28 mètres
Inoue sensei corrige son élève
Sérénité, harmonie, paix...
Tanaka sensei arrive pour s'entraîner, c'est un très haut niveau de maîtrise de cet art martial. Je demande si je peux le photographier pendant son échauffement. Il exécute une série de kiza le long du shajo. Un autre sensei vient le voir, se prosterne en kiza dans un salut profond et lui parle doucement à l'oreille. Pas de problème, je peux !
Je film en fait. Ses gestes sont calmes et très précis, il se relève à chaque fois sans vaciller, droit comme un i comme si un fil invisible le tirait par le sommet du crâne.
Il ira ensuite dehors pour tirer à 60 mètres ! J'admire son incroyable stabilité, il semble figé en kai sans bouger d'un pouce avant de libérer sa flèche.
Photos...
En kai ou presque
Tanaka sensei relève sa flèche
Tanaka sensei relève sa flèche !
le tir en vidéo permet de bien voir la phase qui permet de relever la flèche en montant le bras d'arc et en basculant légèrement le tronc vers l'arrière. J'ai laissé le son pour entendre le "tsurune" c'est-à-dire le son de la corde au moment du lâcher.
Merci à Guy de m'avoir conduit vers ce lieu magnifique.
Nous partirons ensuite manger un morceau dans un petit restaurant....la suite très bientôt.
J'ai trouvé sur Internet un site japonais très intéressant car il y est question du kyûdô et de ses gestes techniques. Les manuels en français étant plutôt rares dans ce domaine j'ai pensé que traduire certains de ces articles pourrait intéresser plus d'un pratiquant de cet art magnifique. Le lien vers le site en question : http://medqdo.seesaa.net/ Allez, je me lance dans la traduction ! " Aujourd'hui il est question de " tsunomi " et de " yugaeri " ... // ... tsunomi est un point très important lorsqu'on exécute te no uchi . Je pense que le tsunomi provoque la torsion de l'arc grâce à la poussée de la base du pouce sur ce dernier. En d'autres termes au moment où on pousse l'arc tout droit vers la pointe de la flèche et plus en encore lorsqu'on transmet à la flèche toute la puissance de celui-ci, alors c'est la fonction du tsunomi que de provoquer la torsion si importante de l'arc. Observez d'ab...
On m'a demandé à quelle vitesse une flèche pouvait parcourir la distance de 28 mètres qui sépare le tireur de sa cible. J'ai utilisé Audacity pour calculer l'intervalle de temps entre le moment où une flèche est libérée et son point d'impact à partir d'un tir effectué par Michel Dupont sensei : 654 millièmes de secondes pour parcourir 28 mètres, soit environ 43 mètres par seconde ce qui fait plus de 150 km/h... Je ne connais pas la puissance de l'arc de Michel Dupont sensei .
Je monte mes flèches. Je place ici des photos qui expliquent comment je procède pour fabriquer mes flèches. Le résultat est loin d'être parfait mais c'est un plaisir de pratiquer le kyûdô avec des flèches qui ont hérité d'un peu de soi-même. Peut-être exprimeront-elles davantage mes émotions durant ma pratique dans mon petit club Tendô de Toulon. Dans le kyûdô , on ne tire que deux flèches. La première est nommée " haya " , la deuxième " otoya ". Ces flèches possèdent des plumes prélevées sur des rapaces (aigle, faucon) dans le meilleur des cas, ou plus simplement sur de la volaille (de l'oie bien souvent) comme c'est le cas ici. Le rachis de la plume est coupé sur sa longueur de sorte que des moitiés de plumes sont vendues dans les magasin spécialisés. Ces deux "demi-plumes", une fois séparées l'une de l'autre, servent à empenner les flèches. On n'utilise jamais sur une même flèche les deux moitiés issue...
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