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La statue du Grand Bouddha_2

Avant de pouvoir achever la statue du Grand Bouddha et le Tôdaiji qui l'abrite, de longues années ont été nécessaires et l'épouse de Shômu, l'Impératrice Kômyô a les larmes aux yeux en plongeant dans ses souvenirs... Rappelons que Kômyô est la fille du ministre, Fujiwara no Fuhito.


Shômu était devenu empereur à l'âge de ses 24 ans et il avait du affronter de nombreux soucis avant de pouvoir contempler le Bouddha de bronze.
Au début, la politique du pays était centré autour du Prince Nagaya.


Nagaya et son frère Shizuka, ont une place très importante dans l'aristocratie de l'époque. Quand Nagaya apprend que le ministre Fujiwara no Fuhito souhaite marier sa fille Kômyô à l'empereur, pire encore, qu'elle devienne Impératrice (dans le but bien entendu de renforcer son pouvoir), il s'y oppose farouchement car elle n'appartient pas à la lignée impériale. Une roturière n'avait jamais eu le titre d'impératrice avant elle. (Ceci explique les mariages consanguins...)

Les enfants de Fujiwara poussèrent Nagaya au suicide après le mariage de Shômu avec Kômyô en l'accusant de porter malheur ou de jeter des malédictions sur l'empereur et sa famille.

Or dans les années qui suivirent, une vague épidémies de variole ravagea le pays, provoquant des milliers de morts. Les enfants de Fujiwara qui avaient fomentés les rumeurs contre Nagaya moururent aussi de la maladie. De nombreuses émeutes eurent lieu entre les périodes d'épidémies qui se succédaient de façon chronique.

Shômu en était profondément affecté. Il était convaincu que les malheurs du pays n'étaient pas dus à une malédiction du Prince Nagaya mais plutôt à ses prières insuffisantes adressées à Bouddha. 

- La Chine est-elle touchée aussi par le malheur ?

L'empereur se plongea davantage encore dans l'étude du bouddhisme afin d'échapper au malheur.
Il ordonna l'édification de nombreux temples provinciaux dans tout le pays ainsi que la construction du Tôdaiji et du Grand Bouddha, à Heijô-kyô.

Il y avait aussi à cette époque une moine public du nom de Gyôki, aimé et admiré par le peuple qui l'appelait "bosatsu". 

(A l'époque, il était interdit aux moines de prêcher en dehors des temples, d'ou l'expression "moine public". Gyoki passait outre. Quant à l'expression "Bosatsu" elle désigne un être éveillé qui doit consacrer toute sa vie à secourir son prochain afin de le conduire sur la voie du Bouddha. )

Shômu fit auprès de Gyoki une promotion exceptionnelle pour favoriser et justifier la construction du Tôdaiji et du Bouddha et lui attribua la charge de gérer ce projet. C'était très rare en ce temps là de voir des moines de haut rang obtenir des fonctions si importantes. Gyoki très touché mis toute son cœur et son énergie pour achever ce projet avec l'aide du peuple.

Shômu, plus encore, envoya des émissaires en Chine avec d'obtenir la venue de très célèbres moines bouddhistes, jusque dans son pays.

A propos de lui-même, il disait qu'il était "la chose des trois joyaux" c'est-à-dire l'esclave du Bouddhisme. (Les trois joyaux désignent, le Bouddha, ses enseignements et toute la communauté bouddhique).

En abdiquant en faveur de sa fille, il obéissait à ses convictions religieuses qui le poussaient à devenir moine. L'impératrice Kômyô comprenait parfaitement les sentiments de son époux et elle aussi était d'une très grande dévotion pour le Bouddha et ses enseignements.

C'est ainsi que de nombreuses années passèrent jusqu'à que le Tôdaiji et le Grand Bouddha soient achevés.

A la mort de son époux, Kômyô aida les indigents en ordonnant la construction d'établissements pour les soigner et les secourir. Elle prit la suite des projets que Shômu n'avait pu réaliser de son vivant et entreprit de répandre dans le pays l'enseignement de Bouddha.

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