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L'esprit équanime

Un des buts du kyûdô est de développer un esprit équanime ou de retrouver un tel esprit. Le mot japonais qui correspond à cet état de détachement vis-à-vis de soi est "平常心", HEI-JÔ-SHIN.

Yumi Minaminaka sensei nous dit que c'est un état d'esprit  (心) naturel, donc par essence habituel et ordinaire (常) et c'est un état de calme (平). HEIJÔSHIN c'est l'esprit (le cœur) calme et naturel.




Une définition est donnée sur Wikipédia :

"L'équanimité, l'égalité d'âme, d'humeur, est une disposition affective de détachement et de sérénité à l'égard de toute sensation ou évocation, agréable ou désagréable. [...] ce détachement s'enracine et se stabilise par une acceptation de soi-même [...], un lâcher-prise constant malgré les caprices de sa volonté et de sa réactivité personnelle..."

Yumi Minaminaka sensei rajoute que par 平常心 il faut rester indifférent, détaché des sentiments désagréables comme des sentiments agréables. Il existe en effet 7 obstacles à cet apaisement spirituel :

La joie, la colère, la mélancolie, la tristesse, la peur, l'étonnement, la pensée.

"Si notre esprit est dans une de ces situations, il ne faut pas pratiquer !" dit-elle.


En réalité (Yumi sensei nuance ses propos), 平常心 est une acceptation de ses propres émotions. Il faut juste les observer sans les juger. Rester neutre, imperturbable. Penser est un obstacle !


Mais comment ne pas penser ? C'est de fait difficile ou impossible. La vérité est de simplement observer sans juger, ni commenter intérieurement. C'est ce que j'ai compris de mes méditations avec un ami, Michel il y a maintenant quelques années.

Il faut être un observateur neutre de ses propres pensées et s'aider de sa respiration pour se concentrer sur l'instant présent, le "ici et maintenant". Il ne s'agit donc pas de ne pas penser mais juste de ne pas prendre part. Ce n'est pas si difficile en fait.

La pratique répétée des gestes du kyûdô permet "d'oublier" les mouvements, au début provoqués, verbalisés, conceptualisés. Ils finiront par devenir naturels et spontanés, l'esprit pourra alors observer, comme un simple spectateur, la respiration qui anime le corps. 平常心 s'établit alors.

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